

L’opération de rétablissement de l’ordre entre Ouarkziz et Zag :
Une action fulgurante des FAR le 14 mai 1980
Le 14 mai 1980, les Forces Armées Royales (FAR) menaient une opération de rétablissement de l’ordre d’une efficacité redoutable dans la zone stratégique s’étendant entre le massif du Ouarkziz et la ville de Zag. Conçue pour neutraliser les menaces et verrouiller la région, cette offensive éclair s’est achevée en moins d’une journée, témoignant de la parfaite coordination des unités terrestres, de l’artillerie et des forces aériennes.
Un déclenchement à l’aube et un dispositif interarmes millimétré
L’opération a été lancée avant les premières lueurs du jour, prenant son élan stratégique depuis le col de Negueb. Le dispositif de frappe au sol reposait sur l’engagement décisif de plusieurs unités d’élite :
- Les unités d’infanterie et motorisées : Le 7e Régiment d’Infanterie Mécanisée (7e RIM) et le 8e Régiment d’Infanterie


- Mécanisée (8e RIM) ont mené le gros des actions de terrain.
- L’appui artillerie lourd : La puissance de feu était assurée par les pièces d’artillerie de 155 mm (obusiers automoteurs F3) et les redoutables lance-roquettes multiples dits « Orgues de Staline » (calibre 122 mm).

- Le verrouillage tactique : Le 3e Groupe Léger de Sécurité des FAR (3e GLS/FAR) et le 11e Groupe Mécanisé Mixte (11e GMM/FA) ont rapidement pris le contrôle du secteur sud du col de Khang Labraber et de l’oued Tighzert en direction de l’est, vers la région de Touizgui.
- Le 3°GLS était mon unité d’origine , j’étais en tête chef de cellule opérationnelle.

L’œil des transmissions et des radars : le contrôle absolu du théâtre d’opérations
La réussite fulgurante de cette mission d’une journée reposait également sur une veille technologique et un renseignement en temps réel impitoyable pour l’adversaire. La surveillance du ciel et du terrain s’appuyait sur deux dispositifs majeurs :
- Le radar de la colline de Negueb : Poste d’observation et de veille névralgique, il faisait l’objet d’un rapport quotidien minutieux consignant chaque mouvement et événement suspect détecté dans la zone.
- Le radar aérien du C-130 Hercules : Véritable sentinelle volante, il assurait le contrôle aéroporté de toute la région.

Dès qu’un point suspect était signalé par l’une de ces deux sentinelles (radar de Negueb ou radar embarqué du C-130), la riposte ne se faisait pas attendre. La cible était immédiatement traitée, soit par les tirs de saturation des artilleurs (155 F3 et 122 mm), soit par l’intervention chirurgicale de la chasse aérienne des FAR, menée par les pilotes de F5 et de Mirage F1.
Grâce à cette symbiose parfaite entre le renseignement radar, la puissance de l’artillerie, la promptitude de l’aviation et la bravoure des hommes sur le terrain — au sein desquels le 3e GLS a tenu un rôle déterminant —, cette page de l’histoire militaire des FAR s’est écrite avec rapidité et précision.